En bref :
- Le Baromètre Entreprendre 2025 s’appuie sur plus de 5 000 répondants et un indice « envie d’entreprendre » à 350 points, en léger recul mais toujours élevé.
- Les motivations dominantes restent la quête d’indépendance (72 %) et la recherche de sens au travail (65 %), devant la simple logique de profit.
- Les profils se diversifient : reconversions (environ 30 %), slasheurs (près de 40 % selon les sources), femmes (40 % des créateurs), jeunes 25‑34 ans (27 %).
- Les projets à impact social ou environnemental atteignent 24 % des créations, en hausse d’environ 15 % par rapport aux années précédentes.
- Les freins majeurs restent l’insécurité financière (68 %), la complexité administrative (54 %) et le manque de compétences de gestion (47 %).
- Bien interprété, le baromètre sert d’outil stratégique pour choisir son secteur, ajuster son offre, préparer son plan de financement et sa montée en compétences.
- L’erreur fréquente consiste à lire les chiffres sans les relier à son propre projet (profil, territoire, ressources, horizon de temps).
Baromètre Entreprendre : comprendre l’outil avant de plonger dans les chiffres
Premier réflexe à avoir : savoir ce que mesure exactement le Baromètre Entreprendre. Il ne s’agit pas d’un simple relevé de créations d’entreprises, mais d’un véritable état d’esprit entrepreneurial, construit à partir des réponses de près de 5 000 personnes partout en France.
L’indice central, l’« envie d’entreprendre », se situe à 350 points en 2025, soit une légère baisse d’environ 4,1 % par rapport à 2024. Ce recul ne signe pas un découragement massif, mais plutôt une tension entre désir de créer et perception des risques, notamment financiers.
Le baromètre s’intéresse aussi aux profils (âge, genre, parcours), aux motivations, aux secteurs porteurs et aux freins. C’est ce croisement de données qui permet de transformer ces résultats en véritable outil de pilotage de projet, plutôt qu’en simple photographie théorique.

Où trouver les résultats du Baromètre Entreprendre sans perdre de temps
Le premier réflexe pour accéder aux résultats consiste à aller vers les sources institutionnelles et partenaires qui diffusent régulièrement le Baromètre Entreprendre. On y trouve généralement un rapport PDF complet, des synthèses sectorielles et parfois des infographies interactives.
Les principales portes d’entrée sont :
- les sites des réseaux d’accompagnement (Réseau Entreprendre, Initiative France, Bpifrance Création), qui relayent souvent les chiffres clés et les analyses par profil de porteur de projet ;
- les rubriques entrepreneurs des grands médias économiques (Les Echos Entrepreneurs, La Tribune, Le Figaro Entrepreneurs), qui publient des dossiers thématiques à chaque nouvelle édition ;
- les plateformes et incubateurs comme Station F ou les réseaux French Tech, qui utilisent le baromètre pour éclairer leurs propres programmes d’accompagnement.
Objectif concret : repérer d’abord une synthèse courte (2 à 4 pages) pour se faire une idée globale, puis seulement ensuite plonger dans le rapport détaillé quand c’est pertinent pour le projet.
Lire l’indice « envie d’entreprendre » sans dramatiser ni enjoliver
L’indice « envie d’entreprendre » attire toujours l’œil en premier. En 2025, il se fixe autour de 350 points, après un pic à 365 points deux ans plus tôt. La tentation est forte d’y voir une alerte rouge ou, au contraire, un simple chiffre abstrait.
Ce score reste pourtant dans une zone de vitalité élevée. Le léger retrait traduit surtout la prudence face au climat économique et aux tensions sur le pouvoir d’achat. Les porteurs de projet continuent de vouloir créer, mais préparent davantage leur trajectoire et cherchent plus de sécurité en adoptant des stratégies entrepreneuriales gagnantes.
Relier l’indice global à la réalité de terrain
Pour un futur créateur, deux questions guident la lecture :
- Sur mon territoire (ville moyenne, métropole, zone rurale), l’envie d’entreprendre suit‑elle la même tendance ? Les chambres de commerce ou pôles emploi locaux peuvent compléter le baromètre national.
- Dans mon secteur (industrie, services à la personne, numérique, économie verte), la dynamique est-elle plus forte ou plus faible que la moyenne ?
Un exemple concret : quand l’indice national baisse légèrement, mais que les projets liés à l’économie verte ou à la tech responsable progressent fortement, un porteur de projet positionné sur ces niches peut y voir une fenêtre d’opportunité, à condition d’anticiper les besoins de financement et de compétences.
La bonne lecture : ne pas surinterpréter une baisse ponctuelle, mais la mettre en regard des profils et secteurs qui tirent encore la dynamique vers le haut.
Profils d’entrepreneurs : utiliser le baromètre pour se situer
Un incontournable du secteur entrepreneurial : se reconnaître ou non dans les profils mis en avant par le baromètre. L’étude 2025 confirme une diversification marquée des trajectoires de créateurs.
On y retrouve notamment :
- les experts en reconversion (environ 30 à 31 % des projets) qui capitalisent sur un solide savoir-faire technique pour changer de voie ;
- les slasheurs, qui mènent de front emploi salarié et activité indépendante (près de 19 à plus de 40 % selon les tranches d’âge) ;
- les jeunes adultes de 25‑34 ans, qui représentent 27 % des porteurs de projet ;
- les entrepreneures, qui atteignent désormais 40 % des créateurs ;
- les seniors de plus de 50 ans, autour de 9 %, qui misent sur leur expérience et parfois une meilleure assise financière.
Se positionner dans cette cartographie permet d’affiner ses besoins en accompagnement : sécurisation financière pour les slasheurs, validation de modèle économique pour les reconvertis, réseau et mentorat pour les plus jeunes.
| Profil d’entrepreneur (Baromètre Entreprendre 2025) | Part estimée | Forces principales | Points de vigilance |
|---|---|---|---|
| Expert reconverti | ≈ 30–31 % | Forte technicité, réseau métier existant | Réapprendre la vente, le marketing, la gestion |
| Slasheur entrepreneurial | ≈ 19–41 % selon les sources | Sécurité de revenu, test progressif du projet | Charge de travail, risque d’épuisement |
| Jeune 25‑34 ans | 27 % | Capacité d’adaptation, aisance numérique | Moins de capital initial, besoin de mentors |
| Entrepreneuriat féminin | 40 % | Forte présence dans les projets à impact | Accès au financement encore plus compliqué |
| Entrepreneur senior | 9 % | Expérience, réseau établi, maturité | Prudence excessive, appréhension face au digital |
Se servir des profils pour ajuster son parcours
Un exemple très parlant : Camille, 38 ans, cadre en communication, a lancé une agence digitale tout en gardant un mi‑temps salarié. Le baromètre l’a confortée dans ce choix de trajectoire « slasheur », fréquent chez les 30‑44 ans, en lui montrant que cette stratégie est partagée par de nombreux créateurs.
L’enseignement clé : se demander à chaque lecture de chiffre, « où me situe‑je dans ce paysage ? », puis adapter en conséquence le rythme de lancement, la recherche de financement et l’intensité de la formation continue, surtout si vous envisagez de créer une startup à Lyon.
Motivations à entreprendre : transformer des aspirations en boussole stratégique
Les motivations mises en avant par le baromètre sont loin d’être anecdotiques. Elles structurent la façon de concevoir le projet, de choisir son offre et son organisation de travail.
Les chiffres marquants de 2025 :
- 72 % des répondants citent l’indépendance et l’autonomie comme moteur principal ;
- 65 % recherchent un alignement avec leurs valeurs et un sens profond à leur activité ;
- 58 % veulent saisir une opportunité commerciale bien identifiée ;
- 52 % mettent en avant la flexibilité du temps de travail ;
- 47 % sont portés par l’impact sociétal ou environnemental.
Comment interpréter ces motivations pour son propre projet
Quand l’indépendance arrive en tête, le risque est de négliger les dimensions plus « industrielles » du métier : process, qualité, sécurité, gestion des équipes. Dans l’industrie comme dans les services, l’autonomie ne suffit pas à installer une activité durable.
Un conseil utile : traduire chaque motivation en objectif opérationnel. Par exemple :
- Recherche de sens → choix de clients et de missions en cohérence avec ses valeurs, quitte à refuser certains contrats.
- Flexibilité → organisation pensée dès le départ pour déléguer (process clairs, outils numériques simples, polyvalence dans l’équipe).
- Impact sociétal → indicateurs concrets d’impact (tonnes de CO₂ évitées, bénéficiaires formés, territoires couverts).
Des structures comme Sustainable Tech ou GreenRise, citées dans plusieurs analyses, montrent qu’il est possible de concilier rentabilité et impact. Leur point commun : ces entreprises ont transformé une motivation forte (impact écologique) en clé de lecture stratégique pour chaque décision.
Projets à impact, secteurs porteurs : ce que révèle le baromètre pour orienter son offre
Autre signal fort du Baromètre Entreprendre 2025 : la montée en puissance des projets à impact social ou environnemental. Environ 24 % des créations se positionnent désormais sur ce terrain, soit une hausse d’environ 15 % en quelques années.
Cette dynamique se reflète dans certains secteurs particulièrement dynamiques :
- économie verte et transition énergétique, autour de 18 % des entrepreneurs interrogés ;
- digital et nouvelles technologies, près de 35 %, avec des projets de logiciels, plateformes et solutions data ;
- services à la personne (dépendance, garde d’enfants, services à domicile), autour de 25 % ;
- entreprises à impact positif (social, environnemental) : environ 22 %.
Ne pas se tromper de lecture sur les « secteurs porteurs »
Un secteur en croissance ne signifie pas que tous les projets y réussiront. Le baromètre indique des tendances moyennes, pas la place disponible pour chaque type d’offre. Dans le numérique, par exemple, la concurrence est forte et la technicité élevée, mais certains secteurs porteurs offrent encore des opportunités intéressantes.
Pour interpréter les chiffres sectoriels sans se tromper, trois questions clés aident à cadrer la réflexion :
- Où se situent les besoins non couverts ? Exemple : dans les services à la personne, certains territoires restent sous-dotés en solutions de proximité.
- Quel est mon niveau de savoir-faire réel ? Une bonne idée dans l’économie verte nécessite souvent des compétences techniques ou des partenariats solides.
- Comment me différencier ? Spécialisation sur une niche, qualité de service, approche locale, innovations d’usage ou de modèle économique.
Le cœur du sujet : utiliser les tendances du baromètre comme boussole, puis affiner avec des études plus ciblées (clients, concurrents, réglementation) pour bâtir une proposition de valeur qui tienne la route.
Freins à la création : lire les chiffres pour bâtir un plan d’action concret
Les freins recensés par le Baromètre Entreprendre 2025 ne sont pas une fatalité. Ils servent de liste de contrôle pour préparer le projet. Les principaux blocages évoqués sont les suivants :
- 68 % évoquent une forte insécurité financière ;
- 54 % pointent la complexité administrative ;
- 47 % se sentent en déficit de compétences techniques ou de gestion ;
- 43 % redoutent l’échec et son image sociale ;
- 38 % mentionnent un manque de réseau et d’entourage professionnel.
Transformer chaque frein en chantier de préparation
Une lecture pragmatique du baromètre consiste à se demander : « où me situe‑je sur chacun de ces freins ? ». Par exemple, un futur créateur qui coche « insécurité financière » et « manque de réseau » peut décider de :
- préparer un plan de sécurisation de revenus (slashing, maintien d’un temps partiel, recours aux aides type Bpifrance, Pass Créa, Pôle emploi) ;
- intégrer très tôt un réseau d’entrepreneurs ou une structure d’accompagnement (Réseau Entreprendre, Initiative, incubateurs locaux) ;
- s’inscrire à une formation courte en gestion ou comptabilité, via MOOCs ou dispositifs financés.
Le cas de Maxime, en reconversion dans la fintech, illustre bien cette approche. Avant de se lancer en 2024, il a utilisé les données du baromètre pour identifier ses points faibles. Il a combiné accompagnement Pass Créa, mentorat Réseau Entreprendre et renforcement en finance d’entreprise. Ce travail en amont a réduit l’impact réel des freins pointés par les statistiques.
Le message à retenir : le baromètre n’est pas là pour faire peur, mais pour aider à prioriser les chantiers avant le lancement.
Entrepreneuriat féminin et reconversion : deux leviers de lecture à ne pas négliger
Le Baromètre Entreprendre 2025 révèle aussi des dynamiques spécifiques, particulièrement utiles dans la construction de politiques RH, de plans de recrutement ou de stratégies de formation.
Côté entrepreneuriat féminin, la part des femmes dans les créations atteint 40 %, avec une progression d’environ 11 % sur deux ans. Elles sont surreprésentées dans les projets à impact environnemental (environ 41 % contre 33 % pour les hommes) et très présentes dans les services à la personne et les modèles écoresponsables.
Pourquoi ces données comptent pour les entreprises et les territoires
Pour une PME industrielle ou de services, ces chiffres sont utiles pour :
- adapter sa politique de partenariat (coopérations avec des entrepreneures locales dans la logistique, la qualité, la formation) ;
- développer des programmes d’intrapreneuriat sensibles aux enjeux d’égalité professionnelle ;
- anticiper les besoins en formation technique sur les métiers industriels ou les technologies vertes, en ciblant aussi les publics en reconversion.
L’exemple d’Anaïs, à Lyon, montre cette articulation : après avoir bénéficié de French Tech Tremplin, elle a monté une startup de services durables pour les PME locales. Plusieurs industriels de la région s’appuient aujourd’hui sur sa solution pour améliorer leur empreinte environnementale, tout en renforçant leur attractivité employeur.
À travers ces trajectoires, le baromètre devient un outil pour penser les passerelles entre entrepreneurs indépendants, entreprises établies et acteurs publics.
Comment utiliser concrètement le Baromètre Entreprendre pour préparer un projet ?
Commencez par la synthèse : repérez l’indice « envie d’entreprendre », les profils proches du vôtre et les secteurs porteurs. Puis, faites le lien avec votre situation : niveau de ressources, territoire, savoir-faire. Servez-vous des freins répertoriés (insécurité financière, complexité administrative, manque de compétences) comme d’une check-list pour bâtir un plan d’action : sécurisation du revenu, accompagnement, formation, réseau. Enfin, confrontez vos motivations (indépendance, sens, impact) aux réalités chiffrées du baromètre pour ajuster votre modèle économique et votre rythme de lancement.
Où trouver une version fiable et à jour du Baromètre Entreprendre 2025 ?
Les éditions les plus récentes du Baromètre Entreprendre sont généralement disponibles sur les sites des grands réseaux d’accompagnement (Réseau Entreprendre, Initiative France, Bpifrance Création) et parfois via des portails publics dédiés à l’entrepreneuriat. Les rubriques spécialisées des médias économiques, ainsi que les incubateurs comme Station F ou les réseaux French Tech, proposent souvent des résumés et analyses sectorielles. Privilégiez les rapports mentionnant explicitement l’année de l’enquête, la taille de l’échantillon et la méthodologie utilisée.
Comment éviter de surinterpréter les chiffres du baromètre ?
Gardez en tête que le baromètre donne des tendances globales, pas une prédiction individuelle. Ne tirez jamais de décision décisive à partir d’un seul indicateur. Croisez toujours les résultats avec des données locales (chambre de commerce, observatoires régionaux), des retours de terrain (clients potentiels, concurrents) et votre propre capacité opérationnelle. Utilisez les pourcentages comme des signaux à analyser : pourquoi ce frein est-il souvent cité ? Que puis-je mettre en place pour en limiter l’effet dans mon cas précis ?
Les projets à impact social ou environnemental sont-ils tous plus rentables ?
Non. Le baromètre montre une progression nette des projets à impact, mais il ne garantit pas leur rentabilité systématique. Ces activités doivent répondre à un besoin réel, trouver un modèle économique viable et maîtriser leurs coûts comme n’importe quelle autre entreprise. La bonne lecture consiste à voir l’impact comme un axe de différenciation fort et un facteur de motivation pour l’équipe, tout en gardant une discipline financière rigoureuse.
Que faire si les freins identifiés par le baromètre correspondent exactement à ma situation ?
C’est précisément là que le baromètre devient utile. Listez les freins qui vous concernent (financement, compétences, réseau, peur de l’échec) et associez-leur des actions concrètes : solliciter un rendez-vous avec une structure d’accompagnement, rejoindre un réseau local d’entrepreneurs, suivre une formation courte, envisager un démarrage progressif type slasheur. L’objectif n’est pas d’attendre que tout soit parfait, mais de réduire les risques les plus lourds avant de s’engager pleinement.